experts font disparaître les liens entre le régime commercial multilatéral et la mondialisation | Nouvelles | Centre de connaissances sur les ODD

Une discussion intitulée « The Multilateral Trade Regime in Contending Narratives about Economic Globalization » et organisée par l’Institut international du développement durable (IIDD), l’Université Queen’s et l’Université nationale australienne, a examiné comment les récits de la mondialisation ont évolué et ont influencé la gouvernance du commerce international politique. En outre, le panel a abordé le potentiel du multilatéralisme à l’avenir et a discuté de la manière dont les pays réconcilieront les récits concurrents de la mondialisation en abordant la question des inégalités et des objectifs mondiaux de durabilité.

L’événement s’est déroulé au sein du IISD HUB TRADE + DURABILITÉ. Le Hub s’est déroulé du 1er au 3 décembre 2021 et a réuni plus de 50 partenaires, 150 conférenciers et 1 800 participants inscrits de la société civile, du gouvernement, des entreprises et des organisations internationales pour discuter de la manière de garantir que les politiques commerciales contribuent au développement durable. Le hub devait coïncider avec la 12e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et s’est déroulé virtuellement malgré le report de dernière minute de la MC12.

Nathalie Bernasconi, directrice exécutive de l’IISD Europe, a souligné l’importance de discuter et de comprendre les différents récits. Il a également souligné comment la compréhension des valeurs sous-jacentes et des désaccords peut aider à promouvoir une approche de pensée plus collaborative et holistique des négociations et de l’élaboration de politiques causales mondiales.

Nicolas Lamp, professeur agrégé à la faculté de droit de l’Université Queen’s, a souligné l’immense réaction contre la mondialisation économique et comment elle a considérablement élargi la portée du commerce et des négociations commerciales. Dans ses remarques, il a également souligné l’importance d’incorporer différentes perspectives en accord avec les différents récits du processus législatif du commerce international.

Anthea Roberts, professeur à la School of Regulation and Global Governance (RegNet) de l’Université nationale australienne, a décrit six visages de la mondialisation abordés dans son livre « Six Faces of Globalization: Who wins, who Loss, and why it matter », écrit en collaboration avec Nicola Lampe. Les six visages de la mondialisation abordés sont : (i) le récit de l’establishment ; (ii) le récit populiste de gauche ; (iii) le discours populiste de droite ; (iv) le récit géo-économique ; (v) le récit du pouvoir des entreprises ; et (vi) les récits des menaces mondiales. Ces six récits concurrents donnent à chacun de ces points de vue leur dû, démontrant comment chacun utilise un raisonnement complexe et des preuves convaincantes. Roberts et Lamp présentent un cadre holistique pour comprendre les controverses actuelles en distinguant les conflits de valeurs fondamentales – croissance contre durabilité, efficacité contre stabilité sociale – qui alimentent le désaccord et illustrent où convergent les récits rivaux.

Abhijit Das, professeur et directeur du Centre d’études de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a discuté de cinq dimensions des perceptions en Inde concernant la mondialisation. Premièrement, les règles du système commercial multilatéral sont perçues par certains comme un espace politique restrictif pour les gouvernements des pays en développement. Deuxièmement, des opinions ont été exprimées selon lesquelles certains pays développés n’adhèrent pas strictement au système fondé sur des règles du régime commercial multilatéral. Troisièmement, les asymétries de certains accords de l’OMC ont contribué à la perception négative du commerce, de la mondialisation et du système commercial multilatéral. Quatrièmement, selon le professeur Das, le processus de négociation est perçu comme manquant de transparence et allant à l’encontre des intérêts des pays en développement. Cinquièmement, un discours unilatéral sur le commerce international et les questions de l’OMC dans les médias internationaux a contribué à une perception négative du commerce et de la mondialisation en Inde.

Petina Gappah, conseillère juridique principale, Secrétariat de l’Afrique continentale de libre-échange (AFCFTA), est d’avis que la pandémie a révélé l’injustice de l’ordre économique mondial, comme en témoigne le refus d’accorder des dérogations aux brevets pour permettre aux pays d’étendre la production de vaccins capacités et stocks de vaccins. Gappah a également averti que si le désenchantement vis-à-vis du multilatéralisme se poursuivait, les pays se concentreraient de plus en plus sur les accords régionaux et de libre-échange. Enfin, il a souligné la nécessité d’être inclusif et pour les pays de s’intégrer à l’économie mondiale à leur propre rythme.

Joost Pauwelyn, professeur à l’Institut universitaire de Genève, a souligné la nécessité de faire la distinction entre mondialisation et contrecoup. Selon lui, le monde est passé d’un monde consensuel à un monde fragmenté dans lequel chacun priorise ses intérêts, rendant difficile la conclusion d’accords. Il a souligné la nécessité de trouver un nouveau récit commun qui unit tout le monde, à l’instar de l’Union européenne (UE) qui a établi la durabilité comme récit commun. Pour garantir la conclusion d’accords à l’OMC, il a proposé d’adopter une approche fondée sur des preuves et d’élargir le groupe des parties prenantes impliquées dans l’OMC, telles que les organisations de la société civile (OSC), pour éviter de retomber dans les débats idéologiques, favoriser la pertinence.

Cet article a été écrit par Hiral Ramesh Hirani, CUTS International

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